Les larmes du révérend Jesse Jackson m'ont rappelé une autre victoire et d'autres larmes historiques. Le 21 mai 1981, Pierre Mendes France au soir de sa vie laissait paraître son intense émotion à l'annonce de la victoire de François Mitterand.
En France, il s'agissait du premier président de gauche. Aux Etats-Unis, il s'agit du premier président noir. Ces deux événements sont historiques parce qu'ils incarnent un changement radical et presque miraculeux par rapport à l'histoire qui les précède. Ces deux événements sont historiques parce qu'ils nous réconcilient avec la politique et qu'ils nous donnent le sentiment que la politique peut servir à quelque chose.
Aujourd'hui, il n'est pas encore l'heure de se demander si l'avenir va nous décevoir. Il n'est pas encore temps de se demander si comme Mitterand, Obama sera bientôt obligé de composer avec la réalité.
Aujourd'hui, les larmes de Jesse Jackson comme jadis les larmes de Mendes France doivent nous rappeler une chose simple. Le changement se provoque. Pendant des siècles et des siècles, la France aurait pu continuer à élire des présidents de droite tout comme les Etats-Unis auraient pu continuer à élire des présidents blancs.
Sans volonté de changer, il n'y a pas de changement. Kant s'était moqué de ceux qui disaient qu'un peuple est un éternel enfant qui n'est jamais mûr pour rien. Peut-être qu'une partie des citoyens américains n'étaient pas prêts au changement mais peu importe puisque des millions d'autres ont montré qu'ils étaient adultes.









