Les larmes de l'histoire

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Les larmes du révérend Jesse Jackson m'ont rappelé une autre victoire et d'autres larmes historiques. Le 21 mai 1981, Pierre Mendes France au soir de sa vie laissait  paraître son intense émotion à l'annonce de la victoire de François Mitterand.

En France, il s'agissait du premier président de gauche. Aux Etats-Unis, il s'agit du premier président noir. Ces deux événements sont historiques parce qu'ils incarnent un changement radical et presque miraculeux par rapport à l'histoire qui les précède. Ces deux événements sont historiques parce qu'ils nous réconcilient avec la politique et qu'ils nous donnent le sentiment que la politique peut servir à quelque chose.

Aujourd'hui, il n'est pas encore l'heure de se demander si l'avenir va nous décevoir. Il n'est pas encore temps de se demander si comme Mitterand, Obama sera bientôt obligé de composer avec la réalité.

Aujourd'hui, les larmes de Jesse Jackson comme jadis les larmes de Mendes France doivent nous rappeler une chose simple. Le changement se provoque. Pendant des siècles et des siècles, la France aurait pu continuer à élire des présidents de droite tout comme les Etats-Unis auraient pu continuer à élire des présidents blancs.

Sans volonté de changer, il n'y a pas de changement. Kant s'était moqué de ceux qui disaient qu'un peuple est un éternel enfant qui n'est jamais mûr pour rien. Peut-être qu'une partie des citoyens américains n'étaient pas prêts au changement mais peu importe puisque des millions d'autres ont montré qu'ils étaient adultes.

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mercredi 05 novembre 2008 07:45 , dans Pensées filantes


Anonyme

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Anonyme :

Ce mot là a une drôle de couleur et parfois une drôle d'odeur. De froid, d'effroi. Ce mot glacé a le même nombre de lettres que le mot censure.

Censure les mains. Au petit matin d'un petit jour d'un petit froid comme le chantait Brel.

 

 

 

 

mardi 04 novembre 2008 16:19 , dans Anti dictionnaire


A toi la balance, le porteur de couffin, le zélé délateur

Blog de renzo :Les pensées de Renzo, A toi la balance, le porteur de couffin, le zélé délateur

Je te connais depuis l'école primaire. C'était toi le chouchou qui courait raconter à la maitresse les dernières facéties des garnements de la classe.
Toujours propre et bien peigné, les joues roses de la bonne conscience en guise de dignité, tu gagnais tes premiers galons de traitre et tu devenais le fort en thème, le premier de la classe.

Géographiquement aussi, tu étais devant. Au premier rang, tu opinais de haut en bas pour montrer ton accord avec chaque parole du prof. Toujours prompt à remplir ton office de gentil élève, tu allais chercher la craie du tableau, tu ramassais ou distribuais les copies, tu aidais monsieur ou madame Machin à porter son sac ou ses instruments d'autorité.
Plus tard, tu t'enveloppais du drap de l'altruisme et devenais le délégué de classe. Rasé de près ou épilée en profondeur, tu  pérorais dans les conseils de classe. Petit apprentissage des responsabilités que tu souhaitais avoir dans ta vie d'adulte, ce rôle te donnais ce faux charisme de l'adolescent qui ne semble pas encore prêt à porter la cravate ou le tailleur bourgeois.

Enfin l'école était finie. Finie cette époque où tu remplissais ta charge gratuitement. Te voilà délateur officiel de ta société et payé pour le faire. A ton tableau de chasse : des camarades réprimandés, des collégues renvoyés, des amours avortées....

A toi qui depuis ta tendre enfance porte le ver dans le fruit. Celui qui brise les vocations, celui qui éloigne le sage de sa route, celui qui crée les conflits dans les foyers, celui qui appauvrit le bon et qui enrichit le pire que toi.
A toi le zélé rapporteur,je veux dire que ton métier est infâme. Et qu'aussi vils que soient mes défauts, le tien me restera pour la vie étranger.

 

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samedi 01 novembre 2008 18:39 , dans Pensées filantes


Se sentir vivant

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Les sports à risque ont mauvaise presse. Associés au machisme, à une forme d'inconscience, ces sports restent et resteront à la marge.
Il ne fait guère de doute que le parachutisme,le ski extrême ou encore le motocross sont des disciplines qui vues du dehors semblent relever d'un appétit gratuit pour le danger.

Pourtant un sport dit extrême comme le parachutisme ne consiste pas simplement dans une mise en péril de sa vie et éventuellement de la vie d'autrui. Plus loin, provoquer le ressenti de sensations hors norme n'est pas forcément une mauvaise chose.
En tous les cas, cela traduit une réalité qui doit faire réfléchir. Nos sociétes modernes ne nous donnent plus l'occasion de sentir l'ensemble des sensations qu'un être humain pourrait éprouver.
Autrment dit, nos sociétés froides et anonymes nous désapprennent à nous sentir vivant. La peur, la fragilité et l'urgence de se dépasser sont devenus des sentiments à bannir. Autrefois, la philosophie nous apprenait qu'il fallait avoir peur pour savoir l'apprivoiser. Aujourd'hui, les occasions d'éprouver et de dépasser les limites de son corps et de son esprit sont rares et rejetées.
On comprend du coup le succès des émissions de téléréalité grâce auxquelles ces sentiments sont vécus par procuration.

La vertu réelle des sports à risque consiste à nous rappeler les limites de notre condition et partant de là à nous faire trouver en nous-mêmes les moyens d'en faire une force.

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samedi 01 novembre 2008 12:26 , dans sport


An(n)us horribilis

Blog de renzo :Les pensées de Renzo, An(n)us horribilis

Annus horribilis :

J'ai toujours été fasciné par les locutions latines. Leur musicalité et leur caractère énigmatique leur confère une sorte d'aura. Comme abracadabra, les locutions latines ont un effet incantatoire.

Celle-ci, l'annus horribilis me rapelle à chaque fois un sketch de Pierre Desproges. Dans ce sketch dont j'ai oublié le titre, Desproges évoque la promiscuité douteuse que crée un ascenseur exigu.
Seul avec un autre homme, une série d'événements le fait se retrouver coller au c...de son voisin d'un moment. L"humoriste se retrouve de fait dans la position incommode de la sodomie verticale.

Annus horribilis. Pour l'année où la drôlerie et l'intelligence de ce bonhomme ont disparu.

 

vendredi 31 octobre 2008 09:14 , dans Anti dictionnaire


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